En France, l'État distribue des pastilles d'iodure de potassium aux personnes vivant dans un rayon de 20 km autour des centrales nucléaires. Si vous n'en avez pas, vous êtes vulnérable. Ce guide vous explique pourquoi c'est vital et comment agir.
POURQUOI VOTRE THYROÏDE EST LA PREMIÈRE CIBLE
Lors d'une explosion nucléaire ou d'un accident de centrale, d'immenses quantités d'iode-131 radioactif sont rejetées dans l'atmosphère. Or, la thyroïde a une propriété unique et fatale dans ce contexte : elle absorbe et concentre tout l'iode disponible — qu'il soit stable ou radioactif.
En quelques heures d'exposition à l'air contaminé, votre thyroïde peut absorber une dose d'I-131 suffisante pour provoquer un cancer. Sans traitement, le cancer thyroïdien se développe dans 100% des cas d'exposition élevée chez les enfants, et dans 60-80% des cas chez les adultes.
COMMENT L'IODURE DE POTASSIUM FONCTIONNE
Le mécanisme est simple mais brillant : en prenant une forte dose d'iodure de potassium stable (non radioactif), vous saturez votre thyroïde en iode. Pleine à ras bord d'iode stable, elle n'a physiquement plus de place pour absorber l'iode radioactif qui circule dans votre sang.
C'est le principe de saturation par compétition. L'iode radioactif passe alors dans les urines sans s'accumuler dans vos tissus.
L'iodure de potassium ne protège que contre l'iode radioactif et uniquement la thyroïde. Il ne protège pas contre le césium-137, le strontium-90 ou les autres isotopes. C'est pourquoi il doit être combiné avec un masque, un abri et d'autres mesures de protection.
QUAND ET COMMENT PRENDRE LE KI — LE PROTOCOLE EXACT
Moment optimal : Dans les 2 à 4 heures avant l'exposition prévue, ou immédiatement après l'alerte nucléaire. L'efficacité diminue avec le temps : à H+8, le KI est encore efficace à 40%. À H+24, il n'est plus utile pour protéger la thyroïde.